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La baie évolue, les solutions s'enlisent

(Article de la Manche Libre du 27 avril 2026)

Environnement. Le caractère maritime de la baie, écrin du Mont-Saint-Michel, est aujourd'hui très menacé par son ensablement.

La deuxième édition des Rencontres de la baie organisée par l'Ageb, association des Amis de Genêts et de la baie du Mont-Saint-Michel, s'est déroulée le jeudi 23 avril le matin à Vains, au Grouin du Sud et l'après-midi à la salle Chanteraine de Dragey pour un exposé scientifique portant sur les mouvements sédimentaires en baie. Quinze ans après le rétablissement du caractère maritime, RCM, du Mont, se pose la question de l'impact des grands travaux sur la petite baie.

Perte progressive du caractère maritime dans la petite baie

Les données scientifiques sont présentées par Patrick Dacheux et Marguerite Dejean de La Bâtie qui ont exploité les relevés Lidar. Depuis 2019, sur le secteur concerné, on en compte 19. Ces relevés donnent l'altitude par m2 au cm près. Ils ont utilisé également les données satellitaires, le programme Copernicut. Entre 2009 et 2025, des différences importantes entre une zone au nord et une zone au sud, délimitée clairement par un axe partant du Grouin, sont apparues. "La sédimentation a fortement progressé au nord de la baie, apport de sédiments de 23,42 millions de m3, tandis que des herbus ont disparu au sud, zone qui s'est fortement érodée avec une perte de 21 millions de m3 de sédiments", précise Patrick Dacheux. Surcreusement au Mont, perte progressive du caractère maritime au nord de la baie, modifiant le paysage dans l'ensemble de la petite baie, sont le constat de l'Ageb. Et ce malgré la mise en marche du barrage du Couesnon en mode estuairien afin de limiter les chasses de sédiment. "Le test a duré un an et s'est arrêté au mois de novembre. Ce n'est pas suffisant pour changer un processus qui dure depuis dix ans", souligne Florence Beauchais, présidente de l'Ageb. Cet ensablement menace l'écosystème de la petite baie. "Les coquillages, coques et tellines ne se renouvellent pas, recouverts par le sable", déclarait Renan Bouvier, guide de la baie lors d'une visite de terrain au Grouin du sud. 

Les mytiliculteurs bretons ensablés

Marie-Claude Manet, présidente d'honneur de l'Ageb, a rappelé le cadre défini par les autorités dans lequel devait s'insérer le RCM : les transformations du milieu devaient se limiter aux abords du Mont sans remettre en cause l'équilibre des écosystèmes à l'échelle de la baie, sans altérer la dynamique d'évolution des écosystèmes. Frédéric Hurtaud, mytiliculteur et président du syndicat mytilicole de la baie, côté Bretagne, est en colère. Il déplore le fait de n'avoir jamais été consulté. "D'un point de vue économique, on perd du chiffre d'affaires : le tonnage se réduit à cause des levées de terrain. Travailler dans la baie devient très compliqué. Nous n'avons pas de plan B." 

En octobre 2024, , lors des premières rencontres, Florence Beauchais annonçait vouloir rouvrir le dossier d'exploitation de la tangue, afin de limiter la sédimentation de la petite baie tout en relançant l'exploitation de cet amendement calcaire pour les agriculteurs. Face à la complexité administrative, ce dossier n'a pas avancé. Voire recule : Phlippe Turmel extrait chaque année depuis plus de 40 ans, 4 à 500 m3 de tangue. L'autorisation lui a été accordée pour 2026 mais ce document lui stipule que ce sera la dernière année.

Face à ce mur de l'administration, Hubert Dejean de la Batie, vice-président du conseil régional, chargé des questions environnementales, présent lors de la visite de terrain au Grouin du sud, s'est engagé à désenliser la situation en présentant la chose sous l'angle de l'expérimentation. Stéphanie Maubé, conseillère régionale, a éclairé le débat à une autre échelle : la manne financière du tourisme pour la France, comprendre et harmoniser les enjeux des uns et des autres. Les problèmes sont complexes, les solutions tout autant.

23 AVRIL 2026 : 2° rencontres de la Baie

La Baie en mouvement , un quart de siècle dévolution

 

                                                                          

 

 

JE PARTICIPE

8 octobre 2024          Genêts

Les 1ères rencontres de la Baie 

 

avec une table ronde sur « L’amendement des terres par la tangue» 

 

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ont fait l'objet du

 19-20 DE FRANCE 3 - NORMANDIE DU 8 OCTOBRE 2024  

La table ronde très fructueuse fait l'objet du compte rendu ci-après.

icoPaperclip32Dark Compte rendu des premières rencontres de la Baie du 8 octobre 2024

 

Dès à présent il est demandé une simplification administrative pour l'extraction de la tangue qui ne doit plus être considérée comme un "déchet" mais comme un "soin de la terre" (améliorant sa structure et sa fertilité).

Comment lors des travaux d'entretien des cours d'eau et d'extraction dans la Baie avoir une autorisation de donner la tangue aux agriculteurs  locaux ? Le cas des travaux en cours sur la Claire Douve était l'exemple sur toutes les lèvres.

 

La prise de conscience a eu lieu mais nous devons persévérer et continuer tant à alerter, observer qu’à faire des propositions.

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